Eté musical 2012 à Anzy-le-Duc


Petit-déjeuner en terrasse couverte et ensoleillée

Située à l'est, la terrasse est toujours bien ensoleillée et protégée de la pluie. Thé, café ou chocolat avec jus d'oranges pressées du matin, brioche faite maison et pain frais. Des confitures maison comme la gelée de cassis, la gelée de groseilles, de la pêche, de la rhubarbe, des quetches, des mûres ramassées à l'automne dans les prés autour de la maison sans oublier le beurre fermier !
De quoi commencer une belle journée dans le Brionnais !
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Eté musical à Anzy-le Duc
Vendredi 29 Juillet
21 heures – Eglise Romane
CHŒUR REGIONAL D’AUVERGNE
Direction Blaize PLUMETTAZ
Avec Virginie TRIPETTE, flûte à bec et Sylvain FABRE, percussions
POLYPHONIES MILLENAIRES
Du Moyen-Age (« Livre Vermeil » de Montserrat) aux œuvres contemporaines les plus lumineuses.
Mercredi 3 Août
21 heures - Eglise Romane
ORATORIO « LA CREATION » de HAYDN
Chœur Emmanuel DE SUTTON COLDFIELD (Angleterre), solistes et orchestre
Dirigés par Richard MASON
Vendredi 12 Août
21 heures – Eglise Romane
TRIO VIOLON, VIOLONCELLE et ORGUE
Violon : Mélanie CLAPIES
Violoncelle : Yan LEVIONNOIS, nommé en 2011 aux Victoires de la Musique Classique, catégorie Révélation Soliste Instrumental
Orgue : Paul MONTAG
PROGRAMME CLASSIQUE
Corelli, Boccherini, Gabrielli, Bach, Albinoni, Mozart, Haendel
21 heures – Eglise Romane
TRIO de ROSEAU : CLARINETTE, HAUTBOIS, BASSON
Clarinette : Béatrice BERNE
Hautbois : Yves CAUTRES
Basson : Charles VILARD
Œuvres de Bach, Mozart, Beethoven, puis de Canteloube, Auric, Debussy, Tomasi.
Jeudi 25 Août
21 heures – Eglise Romane
TRIO ATANASSOV
1ier prix au Concours International « Commerzbank-Kammermusikpreis » 2010 de Francfort
Lauréat du Concours International Joseph Haydn à Vienne.
Piano : Pierre-Kaloyann ATANASSOV
Violon : Perceval GILLES
Violoncelle : Sarah SULTAN
PROGRAMME ROMANTIQUE
Beethoven, Schumann, Schubert
Pour plus de renseignements : ot.marcigny-semur@wanadoo.fr
Anzy-le-Duc, des chambres d'hôtes..
Sylvie Bouteille vous propose 2 chambres d'hôtes de 2 et 3 personnes avec salle d'eau et toilettes privatives. Que ce soit pour une nuit, un week-end ou un séjour plus long, vous serez entourés de nombreuses attentions dans les chambres décorées soigneusement. Au petit déjeuner, riche de confitures et produits maison, vous pourrez, sur nos nombreux conseils, préparer et organiser tranquillement votre journée.
Les tarifs : 60 euros la chambre avec taxe de séjour et petit-déjeuner compris. Accès Wifi gratuit et possibilité de prêt de vélos pendant le séjour.
Situées à Anzy-le-Duc, village connu pour son église romane et son prieuré du 11e siècle, vous trouverez le calme dans un cadre de verdure magnifique.
Mes chambres d'hôtes sont référencées par Location et vacances, France voyage, Chambres-hotes.fr, Chambresdhotes.org et l'Office de tourisme de Marcigny.
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Un texte fort et juste d'une amie, Jacqueline Merville
L’infinie catastrophe
Je m’étais réfugiée dans une maison. Je criais. Des villageois étaient venus dans le jardin de cette maison à cause des cris de femme dans la nuit. On me parlait de derrière la porte pour que je cesse de crier. On me rassurait. J’avais entrouvert la porte, l’homme était au milieu des villageois. Il tenait mes vêtements et mon sac sous le bras, il souriait.
Le roi du village houspillait l’homme et parce que j’avais des marques de brûlures et du sang qui coulait sur les jambes il avait appelé la police. Je suis partie dans le fourgon avec le violeur. Dans le bâtiment militaire il a dit qu’il n’avait rien fait, puis il a dit, à cause des blessures, qu’il avait fait ce que je demandais, qu’il était innocent.
C’était en Afrique de l’Ouest.
J’avais porté plainte contre l’homme. Il ne fut pas puni. Le viol et la torture ne sont pas punis là-bas.
Et même cet homme pensait qu’il n’avait rien fait, c'est-à-dire que ce qu’il avait fait était légitime. Ce viol, ces coups, ces menaces de mort étaient une chose normale, rien de brutal, non c’était absolument normal. Et même il devait penser que j’aurais dû être contente qu’un homme s’intéresse tant que ça à moi. C’est ce qui peut rendre une femme violée un peu folle, ce déni si total.
Je pensais que là-bas c’était pire qu’ici.
Puis est arrivée cette affaire new yorkaise, comme un projecteur montrant l’ensemble et les détails. Ici c’est un peu pareil que là-bas.
Cet homme blanc, riche, puissant ne pouvait pas l’avoir fait.
L’homme dit d’ailleurs qu’il n’a rien fait.
C’était comme là-bas. Tous les violeurs se pensent innocents.
Mais là-bas personne n’avait dit que je fabulais ou que je mentais. Il ne fut pas puni, c’est tout.
Ici, certains disent que cette femme est au service des ennemis de l’homme blanc puissant. L’homme ne peut être que victime d’un complot politique ou d’un racket sophistiqué. En Afrique certains villageois me disaient que l’homme était victime de ses ancêtres, de magie noire, c’était un complot de l’invisible.
On ne peut pas condamner un homme tombé dans le piège de ses ennemis astraux ou politiques.
Il y a entre là-bas et ici une autre différence.
Là-bas toutes les villageoises me soutenaient.
Toutes, pas une seule ne s’était mis du côté de la bête. Elles m’avaient applaudie lorsque j’étais montée dans le fourgon pour porter plainte.
Ici c’est différent, il y a des femmes qui soutiennent inconditionnellement l’homme puissant. Leur ami, leur cheval de proue. Elles n’ont pas l’ombre d’un doute. La femme ne peut être qu’une comploteuse.
Certaines disent aussi qu’à elles ça n’arriverait pas. Qu’on les contraigne à une fellation, impossible, elles couperaient le sexe de l’homme avec leurs dents. Ces femmes violées n’ont pas de courage, elles se laissent faire, disent elles. A elles ça ne pourrait pas arriver cette chose bestiale parce qu’elles se pensent l’égale de l’homme.
D’autres disent qu’elles, avec un homme aussi puissant, elles ne diraient pas non. Elles se demandent bien pourquoi celle-ci a porté plainte au lieu de se réjouir.
Et puis il y a beaucoup de gens, hommes et femmes, qui disent que porter plainte contre un homme remarquable, un homme qui promet, est indécent. Une sorte d’infidélité à l’idée de la grandeur, un saccage de l’image de la grandeur.
Alors je me dis qu’ici c’est comme là-bas, pas du tout mieux.
Je pense à ce qu’écrivait Virginia Woolf dans son livre Trois Guinées. Elle comparait le machisme et le nazisme. N’avait-elle pas raison ?
Les femmes battues, violées, assassinées, mutilées, des millions chaque année. Un crime contre l’humanité me dis-je. La moitié de l’humanité sous le joug de son autre moitié. Mais si on pense ça, on risque d’avoir à se suicider tellement personne ne veut l’entendre comme ça. C’est juste des dérapages, ici ou là. Et puis un viol ou un assassinat, c’est pas grave, pas mort d’homme.
Pourtant être violée c’est de la mort qui entre en vous, dans le corps, dans la tête. C’est une torture. Toujours ça restera comme une fosse sans mot, on ne peut pas mettre un couvercle, on ne peut pas ne pas se souvenir. Pas mortes mais mortes un peu tout de même. En Afrique du Sud, les hommes pratiquent ce qu’ils nomment le viol correctif sur les femmes lesbiennes, ça remplace la gégène.
Ici on dit c’est un coup de pas de chance, ou pire avec la libération sexuelle voulue par les femmes, de quoi elles se plaignent, après tout ce n’est que du hard sexe.
Et puis dans ce cas précis il s’agit d’un homme instruit, civilisé, blanc, riche, et d’une pauvre bonne femme. Comment un homme comme ça pourrait baisser les yeux sur ce genre de nana ? N’importe comment depuis la nuit des temps cet homme-là a un droit sur toutes les femmes. Dans les Colonies, dans les châteaux, dans les fermes, dans les forets, dans les entreprises, dans les hôtels, au coin des rues, partout. Et dans les familles ça fait partie du devoir conjugal, comme faire la vaisselle ou soigner les gosses. Les épouses disent, passer à la casserole. Une histoire normale, ménagère. On initie aussi dans le secret des familles les toutes petites filles, il faut bien leur apprendre la chose. Des petites filles détruites.
Je me souviens d’un curé qui m’avait coincée entre la porte du placard et sa soutane pour me palper les seins, de tout petits seins sur un corps d’enfant.
Alors, ne venez pas me parler de grande et haute civilisation, d’un modèle enviable, d’un continent en avance sur les autres.
Dans très longtemps peut-être fera-t-on un Mémorial aux femmes victimes des hommes comme on en fait pour ne pas oublier d’autres barbaries de l’espèce humaine. Pas encore, dans très longtemps, à moins que comme se le demandait Virginia Woolf l’Humanité soit une erreur. L’erreur de qui ? Et comment faire cesser l’erreur, cette infinie catastrophe ?
Jacqueline Merville, mai 2011
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